Histoire et signification de l’Indice de Corpulence. Intérêt des autres mesures anthropométriques

Traduction par MF Rolland Cachera

Auteur(e)(s):

Marie Françoise Rolland-Cachera Marie Françoise Rolland-Cachera
Chercheur Honoraire Université Paris 13, Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle,
Centre de Recherche en Epidémiologie et Statistiques
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Mouna Akrout Mouna Akrout
Maître Assistante, Université Manar II, Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de la Santé, ESSTST, Tunis, Tunisie
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Sandrine Péneau Sandrine Péneau
Maître de conférences en nutrition et chercheur associé. Université Paris 13, Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle, Centre de Recherche en Epidémiologie et Statistiques, Inserm
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Résumé

La définition de l’obésité chez l’enfant reposait à l’origine sur des définitions utilisées dans le contexte de la malnutrition. Les courbes du poids selon l’âge et du poids selon la taille sont toujours utilisées chez l’enfant. Les mesures des plis cutanés ou des circonférences sont également recommandées. Actuellement, l’indice de corpulence appelé aussi indice de masse corporelle (IMC) est largement utilisé pour évaluer l’état nutritionnel. Cet indice est calculé à partir des mesures du poids et de la taille qui sont des données facilement disponibles et fiables. Il est hautement corrélé au pourcentage de masse grasse évalué à partir de méthodes précises de composition corporelle et ses variations selon l’âge reflètent bien l’évolution de l’adiposité au cours de la croissance. Comme chez l’adulte, l’IMC chez l’enfant est associé au risque de diverses pathologies. De plus, pendant l’enfance, les différents types de trajectoires de croissance sont également associés aux risques de maladies métaboliques, cela étant sans doute dû aux différences de composition corporelles. Par ailleurs, le rebond d’adiposité relevé sur les courbes de corpulence permet d’identifier précocement les sujets à risque de développer une obésité.
Il existe différentes courbes de références de l’IMC. Il est donc essentiel d’appliquer les recommandations d’utilisation correspondant à chacune d’elles. Un bon usage des différentes définitions permet de meilleures interprétations et comparaisons entre études et contribue ainsi à améliorer la recherche des facteurs responsables de l’obésité infantile.

 

Introduction

L’état nutritionnel chez l’enfant est évalué à partir de mesures de composition corporelle et des paramètres de la croissance. La sous-nutrition et l’obésité sont définies respectivement par un déficit ou un excès de masse grasse. Des critères objectifs sont nécessaires pour définir des degrés d’état nutritionnel. Il faut choisir une mesure de composition corporelle et définir des seuils. Contrairement à la situation chez l’adulte, il n’y a pas de consensus reconnu chez l’enfant et différentes définitions sont disponibles. La présentation de ces méthodes ainsi que des recommandations de l’European Childhood Obesity Group (ECOG) ont été publiées en 2011 (1). L’état nutritionnel est fréquemment évalué sur la base de l’indice de corpulence ou indice de masse corporelle (IMC). Chez l’adulte, les seuils utilisés pour définir les classes de minceur ont été validés à partir de mesures du métabolisme de base (2) et les classes de surpoids sur la base d’associations entre IMC et taux de mortalité (3,4). L’enfant étant en croissance, les mesures doivent être ajustées pour l’âge. Les catégories d’état nutritionnel sont calculées sur des distributions établies pour chaque âge et dans chaque sexe à partir de populations de référence. L’état nutritionnel étant un reflet de l’état de santé, la validité clinique de l’IMC doit également être considérée. Par ailleurs, l’âge du rebond d’adiposité ainsi que les différents types de trajectoires d’IMC (1) sont également pris en compte en raison de leurs associations avec les risques métaboliques.

Les différences entre les références existantes reposent sur les populations choisies ainsi que sur les méthodes utilisées pour construire les seuils (1). Etant donné le problème du choix des références, il est important de connaitre leurs caractéristiques et les instructions pour leur utilisation.

Un ouvrage sur l’obésité de l’enfant a été précédemment publié par l’ECOG (5). Ici, nous présenterons une mise à jour des connaissances sur les définitions de l’obésité infantile. Nous décrirons les étapes ayant abouti aux différentes méthodes disponibles et les arguments scientifiques pour les choisir en fonction des objectifs recherchés.

 

Mesures Anthropometriques Definissant L’etat Nutritionnel

Les techniques telles que l’impédancemétrie, l’absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA), la tomographie ou l’imagerie par résonance magnétique (IRM) permettent de mesurer la composition corporelle, mais elles ne sont pas toujours adaptées à la surveillance clinique ou à l’épidémiologie en raison de leur coût élevé, des difficultés techniques et du manque de données rétrospectives. Cependant, ces méthodes permettent de valider des indicateurs basés sur des mesures corporelles plus simples.

Les mesures anthropométriques présentent de nombreux avantages. Elles sont facilement disponibles, applicables partout, peu onéreuses et non-invasives. Elles reflètent l’état de santé, prédisent les performances, les facteurs de risque de pathologies et l’espérance de vie (6).

Les méthodes les plus courantes pour prédire la masse grasse sont les plis cutanés, les circonférences ainsi que le poids et la taille.

 

Plis cutanés, circonférences, poids et taille

Les plis cutanés

A l’aide d’une pince à pli cutané, on évalue l’épaisseur de la graisse sous-cutanée, mais cette mesure prédit aussi la masse grasse totale ou le pourcentage de graisse corporelle (7). Chez l’enfant le pli tricipital prédit mieux le % de masse grasse que ne le fait le pli sous-scapulaire, alors que le pli sous-scapulaire prédit mieux la masse grasse totale (8). La masse grasse corporelle peut être prédite à partir d’équations basées sur les plis cutanés. Les équations ont d’abord été établies chez l’adulte, puis adaptées aux enfants (9).Toutefois ces équations sont spécifiques aux populations sur lesquelles elles ont été établies, elles ne sont donc pas applicable à tous les sujets, en particulier ceux ayant des troubles de croissances ou chez les obèses.
La répartition des graisses peut être évaluée à partir des sites de mesure: au niveau du tronc (par exemple le pli cutané sous-scapulaire) et au niveau des membres (par exemple le pli tricipital).

La relation entre les plis cutanés et la graisse intra abdominale évaluée par DXA a été recherchée chez l’enfant (10). Les plis cutanés, particulièrement ceux relevés au niveau du tronc, prédisent mieux la graisse abdominale que les rapports tronc/membre des plis cutanés. De même, ils prédisent mieux les risques cardiovasculaires que les rapports (11). Par ailleurs, les plis cutanés mesurés au niveau du tronc (par exemple le pli sous scapulaire) sont plus sensibles aux interventions nutritionnelles que les plis au niveau des membres tels que le pli tricipital (12).

Les circonférences

La mesure de la circonférence brachiale est couramment utilisée dans le cadre de la malnutrition. Elle est particulièrement utile car elle nécessite un matériel peu onéreux et reflète bien la masse musculaire (3). Dans le contexte de l’excès de poids la circonférence de la taille permet de prédire la graisse viscérale (13,14). Des formules basées sur la circonférence brachiale et les plis cutanés mesurés au niveau du bras ont été proposées par Gurney et Jelliffe (15). Elles permettent de calculer la surface au niveau de la section du bras, faisant l’hypothèse que celui-ci ainsi que ses constituants sont de forme cylindrique. Cette formule n’est pas meilleure que les plis cutanés pour estimer le pourcentage de masse grasse, mais elle est systématiquement supérieure pour estimer la masse grasse totale (16). L’avantage de cette méthode est qu’elle évalue les deux compartiments : masse grasse et masse maigre. Toutefois, la formule traditionnelle sous-estime la masse grasse (17). Plus tard, selon le même principe, une nouvelle formule a été proposée (18). Elle est plus simple et plus précise, particulièrement chez les obèses.

Les circonférences au niveau de la taille, des hanches et des cuisses sont utilisées pour prédire la répartition de la masse grasse. Chez l’enfant, les circonférences de la taille et des hanches sont de bons reflets de la graisse abdominale (10). Cela peut expliquer pourquoi le rapport taille/hanche prédit peu la graisse abdominale. De même, le rapport des circonférences ne prédit pas mieux le risque cardiovasculaire que les mesures directes (tour de taille ou de hanche) (11). Chez l’enfant et l’adolescent, le rapport des circonférences taille/hanche prédit moins bien le risque cardiovasculaire ou l’hyperinsulinémie que le rapport tronc/membre des plis cutanés (11,19). Le rapport tour de taille/stature prédit l’adiposité abdominale mesurée par DXA et permet d’identifier les enfants à risque de maladies cardiovasculaires (20). Un autre avantage de ce rapport est qu’une valeur de 0,5 est le seuil au-delà duquel on identifie les enfants à risque de maladies métaboliques, quel que soit l’âge ou le sexe (21,22).

– Le poids et la taille

Les mesures du poids et de la taille sont facilement disponibles. Elles sont facilement acceptables par les sujets et plus reproductibles que les plis cutanés. Les courbes de la taille et du poids selon l’âge et du poids selon la taille étaient au départ établies pour évaluer le déficit pondéral et sont toujours recommandées pour évaluer le retard de croissance en taille (« stunting ») ou la maigreur (« wasting ») (23). Les courbes du poids selon la taille ont l’avantage de ne pas tenir compte de l’âge qui peut ne pas être connu dans certains pays en voie de développement. Toutefois, les courbes du poids selon l’âge ne tenant pas compte de la taille et celles du poids selon la taille ne tenant pas compte de l’âge ne permettent pas une évaluation précise de l’état nutritionnel. C’est pourquoi les méthodes utilisant les indices de la forme « poids/taillen en fonction de l’âge » sont préférables car elles tiennent compte simultanément du poids, de la taille et de l’âge.

 

Ajustement des mesures : transformation en différentes unités

L’ajustement des mesures anthropométriques pour l’âge et le sexe s’effectue de différentes façons: le pourcentage de la médiane, les percentiles et les Z-scores.

– Le pourcentage de la médiane correspond à 100 fois la mesure d’un sujet divisée par la médiane ou la moyenne de référence correspondant à l’âge et au sexe du sujet mesuré (ou par la médiane du poids correspondant à la taille de l’enfant pour la mesure du poids selon la taille). Des seuils de 80 ou 120% définissent respectivement l’insuffisance ou l’excès pondéral. La limite de cette méthode est qu’elle ne tient pas compte des changements de distribution selon l’âge et le sexe. Cette limite est importante surtout dans le cas de l’évaluation du surpoids car les distributions sont s’éloignées de la normale

– Pour l’évaluation en percentiles, on utilisera des courbes de référence. Un sujet sera classé selon l’intervalle entre les 2 courbes où il se situe.

– Le Z-score correspond au nombre de déviations standard de la mesure de l’enfant se situant soit au-dessous soit au-dessus de la moyenne ou médiane de référence.

Le pourcentage de la médiane est la méthode la plus simple à calculer mais elle est de moins en moins utilisée actuellement. Les percentiles sont faciles à lire sur les courbes et bien compris par les parents. Si la mesure a une distribution normale (ce qui est généralement le cas pour la taille mais pas pour le poids et l’IMC), les percentiles, les déviations standards et les Z-scores sont équivalents. Sinon, la méthode de lissage LMS qui tient compte des caractéristiques de la distribution doit être utilisée (24).

 

Indice De Corpulence Ou Indice De Masse Corporelle (IMC)

Corrélations de l’IMC avec la taille et la masse grasse

L’ajustement du poids pour la taille et pour l’âge peut être obtenu en utilisant les indices de la forme poids/taillen. Le choix du meilleur indice a d’abord été établi sur la base de ses faibles corrélations avec la taille et ses corrélations élevées avec le poids et les mesures d’adiposité. C’est l’indice poids/taille2 (ou indice de Quételet ou de corpulence ou IMC) qui était généralement le moins corrélé à la taille, sauf à l’adolescence chez les garçons, période où l’indice poids/taille3 était moins corrélé à la taille (25, 26). Les premières courbes de corpulence ont alors été publiées dès 1982 couvrant toute la période de croissance (25) (Figure 1a). Contrairement à la courbe de l’indice poids/taille qui augmente régulièrement avec l’âge et à celle de l’indice poids/taille3 qui diminue régulièrement, l’indice poids/taille2 présente des phases ascendantes et descendantes au cours de la croissance (25,26). Ces variations reflètent l’évolution réelle de la masse grasse avec l’âge, comme par exemple l’évolution des plis cutanés (27) (Figures 1b). La similitude des trajectoires de l’IMC et des mesures plus directes de l’adiposité est un argument majeur en faveur de l’utilisation de cet indice (25). La validité d’un index d’adiposité repose également sur son association avec la composition corporelle (28). L’IMC s’est révélé être le meilleur indice pour prédire l’adiposité évaluée par des méthodes précises (29). Il est en effet très corrélé au pourcentage de masse grasse évalué par DXA (30, 31). Pour toutes ces raisons, l’IMC est maintenant très largement utilisé internationalement pour évaluer l’état nutritionnel et l’adiposité chez l’enfant.

Figure 1: Evolution des mesures de l’état nutritionnel
Evolution des percentiles de l’indice de masse corporelle (IMC) (25) (Fig 1a) ; du pli cutané sous-scapulaire (27) (Fig 1b) et de la surface musculaire brachiale (18) (Fig 1c) chez les filles. Données de l’étude de référence françaises (27).

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Figure 1a

 

 

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Figure 1b

 

 

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Figure 1c

 

 

Validité Clinique de l’Indice de Masse Corporelle (IMC)

La validité des indicateurs de composition corporelle et de l’état nutritionnel doit aussi être basée sur leurs associations avec la morbidité et la mortalité actuelles ou futures. Plusieurs études ont examiné la relation entre le statut pondéral de l’enfant et les risques futurs (26). La puissance optimale de l’indice poids/taillen pour évaluer le risque de mortalité a été déterminée dans le contexte de la malnutrition chez l’enfant. L’IMC était le meilleur indice comparé aux autres indices et comparé au Z-score du poids pour la taille (32).

L’IMC est associé à la morbidité et la mortalité chez l’adulte (33). Chez l’enfant et l’adolescent, des associations ont été montrées entre l’IMC, ou variations d’IMC, et une augmentation de la pression artérielle, un profile lipoprotéique défavorable, le diabète non-insulino-dépendant et des lésions athéro-sclérosiques précoces (34).

Les associations entre l’IMC pendant l’enfance et les taux de morbidité et mortalité ont été examinées dans deux études longitudinales. Dans l’Harvard Growth Study, le surpoids des adolescentes et adolescents était associé à une augmentation du risque de pathologies liées à l’obésité (35). Une autre étude basée sur les données de la cohorte Boyd Orr a montré que les enfants ayant un IMC supérieur au 75ème percentile avaient un risque de mortalité cardiovasculaire plus élevé que ceux dont l’IMC était compris entre les 25ème et 49ème percentiles (36). Par ailleurs, cette étude montrait une relation non linéaire en forme de « J » entre l’IMC et la mortalité. Les enfants en insuffisance pondérale avaient également un risque plus élevé de mortalité toutes causes, comparés aux enfants de poids normal. Ces observations montrant une augmentation de la mortalité associée à un IMC faible ou élevé sont similaires aux résultats relevés chez l’adulte (33).

 

Caractéristiques associées à une corpulence élevée

En plus d’un IMC élevé et de l’accumulation de graisse corporelle, les enfants obèses présentent généralement d’autres caractéristiques. Comparés aux non-obèses, ils ont souvent une taille et une masse musculaire plus élevées (37), une maturation précoce (38), une distribution de la masse grasse de type androïde (39) et les filles ont des règles plus précoces (40). Il est important de prendre en compte ces caractéristiques, car cela peut expliquer certains mécanismes à l’origine de l’obésité. De plus, certaines de ces caractéristiques sont elles-mêmes associées à une augmentation des risques de pathologies (19,41).

 

Persistance des mesures de l’IMC au cours de la croissance (« tracking)

De nombreuses études ont examiné la persistance des mesures d’adiposité de l’enfance à l’âge adulte. La probabilité que l’obésité pendant l’enfance persiste jusqu’à l’âge adulte dépend de l’âge initial considéré. L’évolution individuelle de l’adiposité se caractérise par une faible persistance entre les premières années de vie et l’âge adulte, alors qu’à des âges plus avancés, les adolescents en surpoids ont un risque plus élevé d’obésité à l’âge adulte (42-44). De plus, les études rétrospectives ont montré que la plupart des adultes obèses ne l’étaient pas au début de la vie (42). Le degré de persistance du niveau pondéral est un aspect important à prendre en compte lorsque l’on évalue le surpoids et ses conséquences futures, en particulier concernant les stratégies de traitement et de prévention.

 

Le Rebond D’adiposite

Définition

En moyenne l’IMC augmente rapidement la première année de vie. Il diminue ensuite atteignant un minimum vers l’âge de 6 ans, avant de remonter à nouveau régulièrement jusqu’à la fin de la croissance (Figure 1a). Cette évolution est similaire à celle d’autres évolutions de l’adiposité, évaluées par exemple par les plis cutanés (Figure 1b) et diffère clairement de l’évolution de la masse maigre qui augmente régulièrement tout au long de la croissance (Figure 1c). Le point auquel l’IMC atteint sa valeur minimale (le nadir de la courbe vers l’âge de 6 ans), précédant une seconde augmentation est appelé « Rebond d’Adiposité » (45). Un grand nombre d’études ayant examiné la valeur prédictive du rebond d’adiposité a montré qu’un rebond précoce était associé à un surpoids ultérieur (43-63).

La faible persistance du niveau de corpulence entre le début de la vie et ultérieurement se comprend bien en examinant les courbes individuelles de l’IMC (Figure 2). En moyenne, le rebond a lieu vers l’âge de 6 ans, mais les trajectoires individuelles montrent qu’il peut avoir lieu plus tôt ou plus tard (43,45,59). Différents types de trajectoires apparaissent : la plupart des enfants en surpoids au début de la vie rejoindront la moyenne après un rebond tardif (après 6 ans), alors que d’autres resteront gros après un rebond précoce. Des enfants minces rejoindront la moyenne après un rebond précoce ou resteront mince après un rebond tardif. Il est à noter qu’un certain nombre d’enfants minces développeront un excès pondéral après un rebond précoce (Cas 3 Figure 2). Chez ces enfants, les courbes croisent les percentiles vers le haut, atteignant la zone de surpoids plusieurs années après le rebond. Cette trajectoire montre que, bien que diagnostiqué à l’adolescence, l’excès de poids avait une origine débutant tôt dans la vie.

Les changements fréquents de corpulence avant l’âge du rebond expliquent pourquoi l’adiposité à l’âge adulte est faiblement prédite à partir du niveau d’IMC au début de la vie (42-44). Le rebond précoce que l’on retrouve chez la plupart des enfants obèses (51,52) est alors un outil utile permettant de prédire le risque d’obésité dès le plus jeune âge.

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Figure 2: Quatre exemples de trajectoires d’IMC : Cas 1, un enfant en surpoids à l’âge de 1 an reste gros après un rebond précoce (2 ans au lieu de 6 en moyenne) ; Cas 2, un enfant en surpoids à 1 an rejoint la moyenne après un rebond tardif (8 ans) ; Cas 3, un enfant mince à 1 an croise les courbes de percentiles vers le haut et rejoint des niveaux plus élevés de corpulence après un rebond précoce (4,5 ans) ; Cas 4, un enfant mince à 1 an reste mince après un rebond tardif (8 ans), (d’après Rolland-Cachera (43)).

 

 

Le rebond d’adiposité est-il un rebond de masse grasse ou de masse maigre?

La question de savoir si le rebond est dû à une augmentation de la masse grasse ou de la masse maigre a été posée. Une étude longitudinale d’enfants suivis de la naissance à 21 ans a montré que le rebond précoce était significativement associé à une augmentation du pli cutané sous-scapulaire à l’âge de 21 ans (43). Différentes études ont montré que les variations de l’IMC pendant la période du rebond étaient spécifiquement dues à une variation de la masse grasse et non de la masse maigre (53,62), mais d’autres études ont montré qu’un rebond précoce était aussi associé à une augmentation de la masse maigre (54,63). Enfin, à partir des données de l’étude ELANCE d’enfants suivis longitudinalement de la naissance à 20 ans (59,64), il a été montré (Figure 3) qu’un rebond précoce était clairement associé à une augmentation de la graisse corporelle et dans une plus faible mesure de la masse musculaire.

En résumé, en règle générale, l’augmentation de l’IMC au moment du rebond reflète essentiellement une augmentation de la masse grasse, justifiant le nom de rebond d’ « adiposité » initialement proposé (45).

Associations entre rebond d’adiposité, trajectoires de corpulence et risques métaboliques

L’examen des courbes de corpulence est important à considérer car le type de trajectoire, plus que le niveau de l’IMC lui-même, est associé aux risques futurs (46-48,55). Sur la base de l’observation des courbes de percentiles établies sur des distributions transversales à chaque âge, il a été suggéré qu’un rebond précoce prédisait l’obésité future parce que l’IMC était déjà élevé au moment du rebond (65,66). En réalité, l’examen des trajectoires individuelles montre à l’inverse que le niveau d’IMC au moment, ou avant un rebond précoce, est soit moyen (51-55) ou plus généralement faible (43,45-50,56-58). Cette observation a été confirmée à partir des données de l’étude longitudinale ELANCE (51,59,64) (Figure 3a). Diverses études ont montré que ce type de trajectoire (IMC faible suivi d’un rebond précoce puis de valeurs élevées de l’IMC) est particulièrement associé aux risques de maladies métaboliques (46-48, 55). Le risque plus élevé correspondant à ces types de courbes pourrait être dû à une proportion plus faible de masse maigre associée à ces trajectoires (67). Par contre, les trajectoires présentant des valeurs élevées d’IMC dès le début de la vie reflètent probablement une masse grasse mais aussi une masse maigre plus élevées limitant les risques métaboliques (67,68). En effet, une masse musculaire plus élevée diminuerait les facteurs de risque en améliorant par exemple la sensibilité à l’insuline, ce qui pourrait expliquer que certains obèses, appelés « healthy obese » ont moins de risques de maladies métaboliques (51,68).

L’observation des trajectoires à risque, ainsi que le rebond très précoce relevé chez la plupart des sujets obèses (52) montrent l’importance de la période du début de la vie déterminant la santé future (https://ebook.ecog-obesity.eu/chapter-nutrition-food-choices-eating-behavior/role-nutrients-promoting-adiposity-development/).

Figure 3: : Evolution de la corpulence et des mesures de la composition corporelle évaluée selon la méthode des surfaces brachiales (18) en fonction de l’âge du rebond d’adiposité chez 40 garçons et 33 filles de l’étude longitudinale ELANCE (51,59,64).

Différences (ANOVA) entre les groupes de rebond précoce (<6 ans) et tardif (≥ 6 ans):
P<0.001 à partir de 6 ans pour l’IMC (Fig 3a), P<0.001 à partir de 8 ans pour la surface graisseuse brachiale (Fig 3b) et P<0.05 à 10 et 14 ans pour la surface musculaire brachiale

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Figure 3a

 

 

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Figure 3b

 

 

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Figure 3c

 

 

Definition De L’obesite Chez L’enfant

Les différentes courbes de référence

Il existe différentes courbes de référence définissant des classes d’état nutritionnel (1), les principales étant celles de l’International Obesity Task Force (IOTF) (69), Cole et al. (70), l’OMS (71,72) et les Centers for Diseases Control and Prevention (CDC) (73). Les courbes de l’OMS sont décrites dans un autre chapitre de cet e-book (de Onis M : https://ebook.ecog-obesity.eu/chapter-growth-charts-body-composition/world-health-organization-reference-curves/).

Une clarification des définitions de l’état nutritionnel chez l’enfant a été publiée par l’ECOG en 2011 (1). Les recommandations étaient les suivantes : 1) – Utiliser les définitions de l’IOTF ou de l’OMS pour évaluer la prévalence du surpoids et de l’obésité et Cole et al. 2007 et l’OMS pour les prévalences de minceur. 2) – Utiliser d’autres définitions (CDC et des références nationales) afin d’avoir plus d’occasions de comparaisons entre études ainsi que pour se référer à son propre pays. 3) – Utiliser les standards (0-5 ans) et les références (5-19 ans) de l’OMS pour les études cliniques afin de faciliter les comparaisons entre études et lorsqu’elles sont disponibles utiliser les courbes nationales pour le suivi clinique des enfants. 4) – Toujours citer l’exacte référence de la définition utilisée (pour l’obésité ou l’insuffisance pondérale), utiliser les termes exacts correspondant à cette définition et préciser clairement si le terme « surpoids » inclut ou non l’obésité. 5) – Dans la mesure du possible réaliser d’autres mesures que le poids et la taille, telles que les circonférences du bras et de la taille, les plis cutanés et quand cela est possible des mesures plus précises de composition corporelle. 6) – Réaliser les mesures avec précaution en suivant les procédures standardisées.

Il est à noter que depuis que les recommandations ECOG ont été publiées (1), les seuils IOTF pour définir l’obésité (69) et la minceur (70), ont été réunis dans une même publication par Cole et Lobstein (74).


Terminologies

Un consensus pour adopter une définition unique de l’obésité de l’enfant semble difficile à obtenir, mais certains problèmes peuvent être facilement résolus. L’ECOG recommande d’utiliser les termes exacts correspondant à chaque définition (1). En raison de l’existence des différentes références et terminologies, des informations ambiguës sont fréquemment retrouvées dans la littérature. Il est généralement admis que selon la définition de l’IOTF, la prévalence des enfants en surpoids en Europe est de l’ordre de 15-20% (75). Cette prévalence inclut tous les enfants dont l’IMC est supérieur au centile atteignant la valeur 25kg/m2 à l’âge de 18 ans, donc elle inclut aussi les enfants obèses. Par contre, selon les CDC la zone de « surpoids » correspond à l’intervalle entre les 85 et 95ème centiles et l’« obésité » correspond aux valeurs supérieures au 95ème centile. La même terminologie « surpoids » peut donc correspondre à différentes zones et malheureusement il est fréquent que des prévalences de « surpoids » se référant à l’IOTF ou l’OMS n’incluent pas l’obésité, induisant beaucoup de confusions. Par ailleurs, avant l’existence des références internationales publiées à partir de 2000, les courbes de corpulence françaises (25,76) étaient souvent utilisées. Le 97ème percentile définissait le surpoids, et non l’obésité, mais les seuils d’obésité pouvaient être déterminés en calculant les Zscores selon la méthode LMS. En raison de ces différents seuils et différentes terminologies, il est donc important de toujours suivre les recommandations correspondant à chaque définition.

Afin d’éviter ces confusions, il serait souhaitable de simplifier les définitions en adoptant une terminologie commune comme cela a été proposé (77). Pour cela il faudrait utiliser la même terminologie que chez l’adulte (3) en définissant des « grades 1 » et « grade 2 » de surpoids, le surpoids total regroupant l’ensemble de tous les grades de surpoids (Tableau 1). Dans un deuxième temps, les termes « à risque de surpoids » ou « obésité » pourraient être utilisés. Cela serait particulièrement utile pour le clinicien qui adopterait la terminologie adaptée à l’âge de l’enfant et au contexte de santé ou familial, évitant les jugements ou stigmatisations (78). L’utilisation généralisée des termes “Grade 1” et “Grade 2” de surpoids pour toutes les définitions chez l’enfant (IOTF, OMS, CDC…) améliorerait la compréhension, clarifierait les résultats des études et serait donc particulièrement utile pour des comparaisons internationales.

Tableau 1: Classification de l’état nutritionnel basé sur l’IMC : terminologies utilisées par l’OMS, l’IOTF et les CDC (3,71-74) et proposition d’une nouvelle terminologie commune chez l’enfant (77).

SP: Surpoids; DS : Deviation Standard

aWorld Health Organisation. Physical status: the use and interpretation of anthropometry: report of a WHO Expert Committee. WHO Technical Report Series, N°854, WHO: Geneva; 1995. (3)

bCole TJ, Lobstein T. Extended international (IOTF) body mass index cut-offs for thinness, overweight and obesity. Pediatr Obes 2012;7:284-94. (74)

cWHO Child Growth Standards: http://www.who.int/childgrowth/en/index.html (71)

dWHO Growth Reference for school-aged children and adolescents: http://www.who.int/growthref/en/ (72)

eKuczmarski RJ, Ogden CL, Grummer-Strawn LM, Flegal KM, Guo SS, Wei R et al. CDC growth charts: United States. Adv Data 2000;314:1-27. (73)

*Selon l’OMS, l’obésité chez les moins de 5 ans est définie par un IMC >3DS

**D’autres grades tels que grade 3 (correspondant à 30<BMI<40 pour l’obésité massive) etc… peuvent être ajoutés

***Dans un 2ème stade, d’autres termes tels que « à risque de surpoids », « Obésité » etc… peuvent être choisis selon le contexte (clinique, épidémiologie…)

 

 

Conclusion

L’évaluation de l’état nutritionnel est essentielle pour le suivi clinique et dans les domaines de l’épidémiologie et la recherche. Des méthodes précises de composition corporelle, telles que la DXA sont de plus en plus utilisées, mais l’évaluation à partir de mesures plus simples basées sur l’anthropométrie est nécessaire pour définir des classes d’état nutritionnel. Les indices du poids et de la taille doivent permettre de prédire la masse grasse et les facteurs de risque associés au déficit ou à l’excès pondéral. Selon ces différents critères, l’IMC est un bon indicateur de l’adiposité chez l’enfant. En utilisant les données rétrospectives du poids et de la taille on peut tracer les trajectoires de corpulence et évaluer le rebond d’adiposité permettant de prédire les risques futurs. Toutefois, l’interprétation des résultats obtenus à partir de l’IMC sera améliorée par l’ajout de mesures complémentaires telles que les plis cutanés ou les circonférences.

Les courbes de référence sont nécessaires pour définir l’état nutritionnel de l’enfant. Une référence unique serait souhaitable, mais en l’absence de consensus il est particulièrement important d’être informé sur le choix de l’indicateur approprié aux objectifs, sur son interprétation et sur les instructions propres à l’utilisation de chaque définition. Ces précisions sont nécessaires pour améliorer les comparaisons entre études et permettre de mieux identifier les facteurs responsables de l’obésité.

 

Références

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